LE MÉTIER DE KINÉ

Pour en savoir plus sur le métier de kinésithérapeute c'est ici...


La kinésithérapie... une définition ?
Littéralement, le terme « Kinésithérapie » signifie « traitement par le mouvement et pour le mouvement ». En France, la pratique de la Kinésithérapie comporte la promotion de la santé, la prévention, le diagnostic kinésithérapique et le traitement.
La Kinésithérapie est une profession paramédicale opérant dans de nombreux domaines d’application : traumatologie, rhumatologie, neurologie, pneumologie, cardiologie, maxillo-facial, pédiatrie, gériatrie, soins palliatifs …
Elle s’attache à traiter des troubles du mouvement ou de la motricité de la personne, des déficiences ou des altérations des capacités fonctionnelles.
Le Kinésithérapeute accompagne des patients à tous les stades de la vie que la pathologie soit aiguë ou chronique.
Voir la définition législative et la définition réglementaire.


A quoi sert le kinésithérapeute ?
Le kinésithérapeute réalise des actes manuels, instrumentaux ou éducatifs destinés à prévenir, rétablir, suppléer l’altération des capacités fonctionnelles des patients.
Après avoir examiné le dossier du patient (radiographies, ordonnances) il pratique un examen clinique pour définir les méthodes et les moyens à mettre en œuvre. Il peut effectuer des actions thérapeutiques, de relaxation ou de confort.
En cas d'urgence et en l'absence d'un médecin, le kinésithérapeute est habilité à accomplir les premiers actes de soins nécessaires en kinésithérapie. Un compte rendu des actes accomplis est ensuite remis au médecin.
Le premier objectif du kinésithérapeute est souvent de traiter la douleur mais son rôle est aussi de retrouver la fonction d’un organe et d’accompagner le patient dans le processus de guérison. Il explique, éduque, conçoit des exercices et traite ses patients grâce à de nombreuses techniques. Il peut par exemple mobiliser, étirer, renforcer, masser, stimuler, reprogrammer, redonner de l’amplitude, de la force, de la précision aux structures ou aux fonctions déficientes. Il possède aussi dans son arsenal différentes techniques de physiothérapie : chaleur, cryothérapie, électrothérapie, différents types d’ondes (infrasons, ultrasons...).
Il a un rôle d’accompagnateur du patient afin que ce dernier puisse trouver/retrouver de l’autonomie. Il tente de prévenir la récidive et l’aggravation des pathologies.


Quels sont les différents modes d'exercice?
Le Kinésithérapeute peut être salarié, exercer en tant que professionnel libéral ou bien combiner les deux (activité mixte) :


Qui sont les patients du kinésithérapeute ?
Du nourrisson au sportif de haut-niveau en passant par le cadre fatigué ou la personne âgée... les patients sont tous différents.
Les domaines d’applications sont :

  • la traumatologie : entorse / fracture ...
  • la rhumatologie : lombalgie / douleurs articulaires / musculaires ...
  • la neurologie : accident vasculaire cérébral, traumatisme crânien, neuropathie ...
  • le domaine respiratoire : Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), bronchiolite, mucoviscidose
  • la prise en charge des sportifs : prévention, suivi sur le terrain, réadaptation suite à blessure, reprise sportive
  • la gériatrie
  • le domaine vestibulaire : lié aux troubles de
  • l’équilibre
  • l’oncologie
  • la pédiatrie
  • la pelvi-périnéologie
  • le domaine cardio-vasculaire
  • le domaine tégumentaire (en lien avec la peau : brûlures, cicatrices …).
  • le domaine de la réanimation

et bien d’autres...


Les étudiants kiné trouvent-ils du travail ?
Que ce soit en remplacement, en installation de cabinet ou en salariat, le jeune kinésithérapeute trouve assez facilement du travail.
Néanmoins, la démographie française des professionnels révèle des inégalités de répartition entre les régions (zones sur dotées ou sous dotées).


Quelle rémunération pour le kiné en début de carrière?
A l’hôpital, le salaire mensuel brut des masseurs-kinésithérapeutes est d’environ 1 520€ en début de carrière et de 2 550€ en fin de carrière.
En 2010, le revenu mensuel moyen net des masseurs-kinésithérapeutes libéraux était estimé à 3 500€ (Source : social-sante.gouv.fr).


Quelles différences entre un kiné, un ostéo, un chiro... ?
Le kinésithérapeute est un professionnel de santé. Ce n’est pas le cas de l’ostéopathe exclusif et du chiropracticien exclusif qui sont des professions commerciales non réglementées.
Le kinésithérapeute est conventionné avec la sécurité sociale (remboursement possible) et respecte un code de déontologie (1). Il a une obligation de moyens et doit assurer des soins consciencieux, attentifs et fondés sur les données actuelles de la science (2).
Il est à noter que les professionnels de santé (médecin ou kinésithérapeute par exemple) peuvent aussi s’ils le désirent suivre une formation d’ostéopathe ou de chiropracticien.
L’ostéopathie et la chiropraxie n’étant pas des professions de santé, celles-ci ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. De même, ces pratiques ne sont pas tenues à une démarche scientifique ni à l’utilisation de techniques reconnues par la communauté scientifique.
L’ostéopathe agit sur les troubles fonctionnels ne présentant pas un caractère pathologique qui nécessiteraient une intervention médicale ou paramédicale.
Il réalise des mobilisations manuelles à destination des tissus osseux, musculaires et fibreux de l’organisme. (3)
Le chiropracticien agit sur les troubles locomoteurs et leurs conséquences pathologiques ou non, mais se limitant au rachis et aux articulations des membres. Il réalise des manipulations et mobilisations à destination des tissus osseux, musculaires et nerveux. (4)
Le kinésithérapeute, en agissant sur les troubles du mouvement et de la motricité ainsi que sur les déficiences et altérations des capacités fonctionnelles, a un champ d’application réglementé plus large. En effet, il met en oeuvre des moyens manuels, instrumentaux et éducatifs visant les systèmes locomoteur, nerveux, circulatoire, respiratoire, digestif, cutané ...
Il peut aussi prescrire des dispositifs médicaux (aides à la déambulation, attelles, fauteuils roulants …) et des substituts nicotiniques dans le cadre du sevrage tabagique. (5,6)


Qu'est-ce que la pratique basée sur les preuves (EBP) ?
L’Evidence Based Practice ou Evidence Based Medecine est :

l'utilisation consciencieuse, explicite et judicieuse des meilleures données disponibles pour la prise de décisions concernant les soins à prodiguer à chaque patient, [...] une pratique d'intégration de chaque expertise clinique aux meilleures données cliniques externes issues de recherches systématiques (1)

Il s’agit donc d’utiliser les meilleures données de la science pour soigner son patient.
Ce modèle est parfois mal compris. Certains lui reprochent de ne pas assez prendre en compte le contexte psycho-social du patient. D’autres regrettent une certaine perte d’initiative du thérapeute suite à la seule application des données probantes issues de la science. Or, l’EBP est l’association à part égale de ces 3 composantes : la meilleure preuve clinique disponible, les préférences du patient et les compétences du thérapeute.
Il faut comprendre l’EBP comme une transformation du monde de la santé ayant pour objectifs de rationaliser les pratiques, d’apporter le soin le plus efficace au patient et d’éliminer les croyances issues des pseudo-sciences.
La FNEK a comme objectif de promouvoir l’EBP dans le cadre de la formation initiale, d’affiner le jugement clinique et de développer l’esprit critique des futurs professionnels.

(1) Sackett DL, Rosenberg WMC, Gray JAM, Haynes RB, Richardson WS. Evidence based medicine: what it is and what it isn’t. BMJ. 13 janv 1996;312(7023):71‑2.


Le kiné soigne-t-il avec ses mains ou avec des machines ?
Les techniques manuelles du Kinésithérapeute ont une place importante : mobilisations, massages, techniques de désencombrement bronchique, drainages…
Cependant, l’usage de ces techniques manuelles n’est pas du tout contradictoire avec le fait d’utiliser aussi des techniques dites instrumentales : appareils de musculation, appareils de physiothérapie (électrothérapie, ultrasons, ondes de choc …).
D’autre part, une grande part du travail du kinésithérapeute réside dans l’explication, le conseil et l’éducation du patient : ce qu’il faudrait faire, ce qu’il faut éviter et pourquoi...
Encore une fois l’important reste dans la pertinence de la technique utilisée. Notons que le kinésithérapeute peut très bien associer plusieurs types de techniques et que c’est ce qui se passe dans la majorité des cas. L’usage approprié de la bonne technique, manuelle, instrumentale ou éducative, est gage de la qualité du soin : c’est au kinésithérapeute, de juger selon l’EBP, quelles techniques privilégier.


Qu'est-ce que réellement la thérapie manuelle ?
La thérapie manuelle est un terme assez vague qui regroupe l’ensemble des thérapies réalisées avec les mains (Kinésithérapie, Podologie, Ostéopathie, Microkinésithérapie, Biokinergie, …).
Dans cet amas de méthodes et de concepts, certains se basent sur des preuves scientifiques… alors que d’autres non. Les éléments qui entourent le soin (relation patient-thérapeute, rituel thérapeutique, croyances...) n’aident pas à se faire un point de vue objectif et critique. Ils contribuent alors à perdre le patient dans son parcours de soin.
En kinésithérapie, la Thérapie Manuelle Orthopédique (TMO) a une signification plus précise ; elle concerne un domaine d’expertise dans le domaine du musculo-squelettique. La volonté est de réunir les techniques avec un niveau de preuve scientifique suffisant afin d’améliorer l’efficacité des méthodes et donc des pratiques.
Si tu veux approfondir la TMO, ce lien est fait pour toi. De plus nous t’invitons à lire ceci :

Pinsault N, Monvoisin R, Baillargeon N. Tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur les thérapies manuelles. Saint-Martin-d’Hères (Isère): Presses Universitaires de Grenoble; 2014. 308 p.