Bourses sanitaires et sociales : vers la fin d’une discrimination historique !

By Joachim Le Tallec In Presse

Depuis de nombreuses années, l’association nationale des étudiants sages-femmes (Anesf), la Fédération nationale des étudiant.e.s en soins infirmiers (FNESI), l’Association nationale des étudiants en kinésithérapie (FNEK), l’Union nationale des associations des étudiants en ergothérapie (UNAEE), l’Association nationale des étudiants en psychomotricité (ANEP) et la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) sont les seules organisations étudiantes représentatives à militer pour la fin d’une discrimination envers les étudiants des formations sanitaires et sociales.
C’est donc de manière unanime que nous saluons la validation par le Conseil National d’Évaluation des Normes, ce 15 décembre 2016, d’un projet de décret relatif à l’alignement des critères et montants des bourses des filières paramédicales et de sage-femme sur les bourses du Crous. Cette harmonisation concernera les critères sociaux, le nombre et le montant des échelons, à partir de la rentrée 2017.

La loi du 13 août 2004, relative aux libertés et responsabilités locales, a transféré aux régions la gestion des bourses des formations sanitaires et sociales. Aucune mesure législative n’est cependant venue imposer après 2005 la revalorisation de celles-ci malgré l’augmentation du coût de la vie. Cette régionalisation a provoqué, au cours des années, des inégalités grandissantes entre ces étudiant.e.s d’une région à une autre, mais aussi avec le reste des étudiant.e.s, tou.te.s affilié.e.s au CROUS.
Pourtant, les aides sociales, qu’elles soient de nature financière ou matérielle, reposent sur un principe fondamental. Elles ont pour vocation de rompre les inégalités entre les différents étudiant.e.s, afin de permettre à tou.te.s l’accès à l’enseignement supérieur et à des conditions de vie décentes.

Par ailleurs, les filières concernées par le projet de décret sont prisées des personnes en reconversion professionnelle. Ainsi, 31% des nouveaux inscrits en première année de soins infirmiers avaient précédemment eu une activité salariée (DRESS 2014). C’est pourquoi il est important de souligner l’attention accordée à cette spécificité, par la non-introduction d’un critère d’âge. Cette mesure est essentielle car ces étudiants doivent pouvoir prétendre, au même titre que les autres, à des aides financières adaptées.
La FAGE et ses fédérations resteront donc vigilantes sur ce point jusqu’à la publication du décret au journal officiel afin que ce texte conserve ses valeurs d’inclusion au droit commun sans délaisser une partie des étudiant.e.s qu’il a pour but d’aider.

C’est une grande victoire pour la FAGE et ses fédérations et une revendication historique qui se voit aujourd’hui réaliser ! Cette mesure mettra un terme à la ségrégation sociale inacceptable des filières de sage-femme et paramédicales. Afin de poursuivre dans cette dynamique de justice sociale, il est à rappeler la nécessité d’un transfert de gestion des bourses des formations sanitaires et sociales aux Crous, étape cruciale pour une égalité des droits.

Communiqué FAGE – Bourses (PDF)